samedi, 07 novembre 2009

Dans la veine de Slumdog Millionaire…

Drôle de monde, enfin drôle de pays…

 

Voilà un couple de jeunes parents de Bangalore qui découvrent un beau matin, par hasard, que la nounou loue leur bébé de 7 mois à des mendiants. La nounou se fait 100 Rs (1€50) par jour et des journées de glandouille devant la télé. Et les parents retrouvent un bébé amorphe quand ils rentrent chez eux le soir, vu qu’il a été sédaté toute la journée.

 

Truc de ouf.

Source: Article_TOI_Baby rented out to beggars_061109.pdf

mardi, 03 novembre 2009

Wagon spécial

Voici ce qu’on trouve sur les trains de Mumbai:

Image0048.jpg

 

L’œil occidental non avisé peut trouver ça choquant.

Mais en fait, y a une explication. Et ben voui…

 

Ces wagons ont été créés en août 2006 pour rendre la vie plus facile aux Indiens atteints de cancer. Ils ont ainsi le droit (mais pas l’obligation) de voyager dans le wagon handicapé, avec leur aide, et avec un ticket de seconde classe – si ils ont leurs papiers médicaux sur eux.

 

Effet pervers, ça donne l’idée à certaines personnes que le cancer est contagieux. Comme ces femmes qui ont viré un gamin atteint de cancer de leurs wagons en 2008 (il y a en effet des wagons réservés aux femmes et c'es quand même une riche idée; dans la même veine, les femmes ont le droit d'y aller mais pas l'obligation). Il serait peut-être plus pertinent d’élargir la notion d’ « handicapé » plutôt que d’ajouter des catégories de gens comme ça sur les trains. Enfin moi j’dis ça, j’dis rien.

 

Il est intéressant de noter que les premiers wagons sont réservés soit aux handicapés (et cancéreux), soit aux femmes. C’est un peu la place du mort. Comme en témoigne l’accident arrivé le 23 octobre dernier à Delhi (22 morts) : ce sont ces wagons qui ont pris le plus cher.

 

Source : http://mid-day.com/news/2008/aug/280808-Cancer-Patients.h... ; http://media-dis-n-dat.blogspot.com/2009/10/indian-train-...

dimanche, 01 novembre 2009

Sexy ou pas sexy?? La moustache en Inde

Pour le mois de novembre, le  http://lebombayblog.canalblog.com/ nous propose un sujet «  photo de moustache ». J’ai donc fouillé ma photothèque de photos – un paquet de photos en 3 ans… Et ben, que couic. Pas une moustache (en fait assez peu de photos d'Indiens vu que ça me gène de balancer mon objectif à la tête des gens comme si j'étais au zoo. Bon sauf quand ils insistent. Et ça arrive quand même souvent. Mais du coup j'ai plus envie.). Enfin si quelques-unes…

 

Moustache 1.jpg

 

Photo n°1: La moustache… brillant par son absence

 

Moustache 2.jpg

 

Photo n°2 : La moustache féminine

 

Moustache 3.jpg

 

Photo n°3 : La moustache indienne classique

 

« J’ai 25 ans et je porte la moustache traditionnelle indienne depuis que j’ai 18 ans. C’est une partie importante de mon identité, et bien que je sois le seul de mes amis et de ma famille à avoir une moustache, j’en suis très fier. Chaque fois que ça gratte, je me souviens que je suis Indien. »

Témoignage d’un Indien lambda.

 

Moustache 4.jpg

 

Photo n°4 : La seule photo de moustache un peu sympa que j’ai trouvée

  

Comme les histoires de poils faciaux m’intéressent (voir : http://indiansamourai.hautetfort.com/archive/2008/05/14/h... ; http://indiansamourai.hautetfort.com/archive/2008/02/08/h...), je me suis naturellement penchée sur la question. Qu’est-ce avec la moustache en Inde ? Et nous voici partis pour une petite histoire de la moustache…

 

Anecdote.

Shiv s’est fait engueuler une fois par le vendeur de tabac en bas de chez nous à Pune : il était Indien et il devait porter une moustache, pas le collier. Non mais oh !

 

Origine.

Le mot moustache (français) vient de l’ancien italien Mustacchio qui vient lui-même du grec moyen Moustaki, diminutif du grec mystak (lèvre supérieure).

 

La moustache aujourd’hui en Inde.

Après avoir fouillé ma photothèque en vain, j’ai décidé de prendre le train et de faire bien attention. Résultat : pas une moustache bizarre et surtout, bien la moitié des mecs n’avaient pas de moustache du tout !! Et oui, la moustache est bel et bien en train de disparaître en Inde (sauf chez les Sikhs qui n’ont pas le droit de couper leurs poils – « kesh » et chez les portiers des hôtels 5 étoiles). C’est confirmé dans le livre Hair India - A Guide to the Bizarre Beards and Magnificent Moustaches of Hindustan (2008).

 

 

Historique.

Que nenni, la moustache n’a pas été apportée en Inde par les Anglais. Nan, nan, nan. Avant le 18ème siècle, seuls les hommes des castes supérieures étaient autorisés à porter la moustache. Les autres devaient être rasés ou porter une barbe.

De 1850 à 1950, la moustache était un symbole de pouvoir et de forte personnalité. Ca faisait partie de l’étiquette. Ainsi, en 1880, Rudyard Kipling (écrivain britannique né en Inde) écrivit à propos d’une femme qui se plaignait qu’être embrassée par un homme qui n’avait pas rasé sa moustache, c’était comme manger un œuf sans sel.

 

Pendant les guerres napoléoniennes, quelques officiers britanniques avaient commencé à imiter leurs homologues français qui eux-mêmes tenaient des Espagnols qu’un homme qui a des couilles a aussi une moustache. En Inde, les Britanniques se rendirent compte que ça n’amusait pas du tout leurs sepoys (soldat indien servant dans une armée occidentale) que leurs chefs anglais ne portent pas de moustache ; pour eux, la moustache était un signe de virilité.

 

Les soldats commencèrent à porter la moustache dans les années 1830 mais ça a pris du temps avant que les officiers s’y mettent. En 1854, la moustache fut rendue obligatoire pour les troupes européennes dans l’unité de l’armée de Bombay et fut adoptée avec enthousiasme partout ailleurs. Peut-être que la taille des moustaches des officiers britanniques poussa proportionnellement à l’expansion de l’Empire Britannique… Quoi qu’il en soit, la moustache devint un symbole du règne et de la supériorité britanniques en Inde et les « soumis » de l’Empire se virent interdits de porter des moustaches « classes ». Cette règle (de la moustache obligatoire dans l’armée britannique) fut abolie le 6 octobre 1916 : les nouvelles recrues étaient si jeunes que certaines n’avaient pas plus qu’un duvet…

 

Dans les années 1930, le Mouvement Swadeshi du Mahatma Gandhi contre les Britanniques préconisait aux Indiens de porter la barbe histoire de cesser l’importation des rasoirs et de leurs lames.

 

Record.

Evidemment, le record de la moustache la plus longue appartient à un Indien: Bajansinh Juwansinh Gurjar. Il ne l’a pas coupée depuis 22 ans et elle mesurait 3 mètres 75 en 2004. Impossible de décrire l’odeur…

 

Badamsinh Juwansinh Gurjar.jpg

 

Sources : http://www.americanmustacheinstitute.org/MustacheHistory.... ; http://news.bbc.co.uk/2/hi/south_asia/7806039.stm<...; http://news.rediff.com/interview/2009/jun/05/slide-show-1...; http://www.telegraph.co.uk/news/features/3634260/How-the-...

vendredi, 30 octobre 2009

Et pourquoi pas des émeus??

Je ne crois pas avoir eu le temps d’écrire dessus. Alors voici un article du plus haut intérêt : les émeus du Maharashtra, auxquels nous avons rendu visite avec Bing en mai. 

 

Emeu farming_1.jpg
 
Emeu farming_2.jpg

Tout droit venu de la préhistoire, l’animal le plus chelou du monde a naturellement atterri en Inde…

Emeu farming_3.jpg
 Emeu farming_5.jpg
Emeu farming_6.jpg
 
Emeu farming_7.jpg
Emeu farming_8.jpg

"Pierre! On nous r'garde!!"

 

Alors, le truc bien avec l’émeu c’est que c’est résistant comme bestiole, ça s’adapte bien au climat indien…

Et l’autre truc bien c’est que tout est précieux dans l’émeu :

-          L’œuf se vend entre 600 et 1 000 Rs (entre 9 et 15€).

-          L’œuf gravé se vend entre 1 500 et 2 000 Rs (entre 14 et 32€),

-          La viande se vend entre 300 et 700 Rs le kilo (entre 4 et 10€) – et se trouve à HyperCity, un hypermarché à Mumbai. Si si !! Les Indiens trouvent que c’est une bonne alternative à la viande rouge… Sauf que c’est cher. Et que personne ne sait cuisiner ça. Du coup on a mis une étiquette avec une recette de cuisine sur la barquette d’émeu. Pas bête…

-          L’huile, qui vient d’un sac de graisse sur le dos de l’émeu, se vend à 1 700 Rs le litre (30€) ; elle est réputée pour ses vertus médicinales (anti-cholestérol et anti-inflammatoire).

-          Les os et les griffes sont utilisés pour fabriquer des objets divers et des bijoux.

-          La peau, surtout des jambes, est utilisée dans l’industrie du cuir.

 

Entre 2000 et 2007, 450 fermiers du Maharashtra se sont mis à l’élevage d’émeus et se partagent environ 10 000 oiseaux. Depuis l’ouverture de la première ferme d’élevage en 1996, les émeus se sont multipliés – on compte aujourd’hui 900 fermes, dans 14 Etats indiens.

 

Si vous savez pas quoi faire en Inde, pensez aux émeus !!

 

Source: http://www.indianexpress.com/news/maharashtra-catches-up-...; http://www.livemint.com/2007/09/09103334/Emu-farming-take...; http://business.outlookindia.com/printarticle.aspx?101371

mercredi, 28 octobre 2009

Dis-moi ce que t'as mangé, je te dirai ce qui va pas

Récemment, après une bonne grippe, je me réveillais avec mal à la gorge. Un truc bizarre. Genre la gorge enflée. Comme Emilie et moi partions le lendemain à Bastar et que mon collègue traînait une saloperie au bureau depuis quelques jours, je suis direct allée voir l’ORL. Et voici ses options pour trouver l’origine du mal :

-          Vous avez mangé épicé ?

-          Vous avez mangé un truc bizarre ?

-          Vous avez été à la piscine ?

Comme j’ai coché non partout, il a diagnostiqué soit une allergie, soit un truc viral. Dans tous les cas, il m’a soignée, et sans antibio !

 

Ca m’a rappelé mes boutons à Pune  http://indiansamourai.hautetfort.com/tag/Allergie : Le docteur voulait absolument que ce soit une allergie alimentaire…

 

Et pour le coup de la gorge, j’ai bien envie d’incriminer un bout de bœuf qui sentait pas bon mais je ne l’ai goûté que du bout des lèvres. Et puis c’est quoi ces histoires d’allergie ?? Je suis pas allergique moi !!

 

Alors pas de surprise quand je lis cet article en une du Times of India : 10 millions d’Indiens souffrent d’allergies alimentaires – soit 1% (http://timesofindia.indiatimes.com/10m-Indians-suffer-foo... ). M’étonne pas. Sauf que pour éviter de faire une bourde, je regarde les chiffres en France, je trouve que c’est 4% des adultes qui ont ce problème chez nous   ! 

(http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2000/mag1229/doss... ) Donc soit je me tais, soit je me dis que « comment ils recensent quoi que ce soit de toute façon en Inde hein ?? ».

 

Moralité : il ne fait toujous pas très bon manger de la viande en Inde. C’est pas pour rien qu’ils sont végétariens en même temps…

lundi, 26 octobre 2009

Pour un accouchement sans douleur?? Prenez donc le train

Mais elles peuvent pas accoucher comme tout le monde ?? C’est quoi cette manie de mettre bas dans des trains ?? Le truc incroyable qui était arrivé l’année dernière (http://indiansamourai.hautetfort.com/tag/fait+divers ) s’est reproduit ce mois-ci. Et un nourrisson de plus qui passe par la lunette des chiottes et s’en sort intact. Va falloir rétrécir les lunettes de chiotte…

 

Source : http://www.indianexpress.com/news/woman-gives-birth-in-tr...

dimanche, 25 octobre 2009

Plutôt banane ou machine à laver??

Les partis indiens ont des symboles. Par exemple, pour le Congress, c’est la main. Les interprétations sont libres, et comme les Indiens ne manquent pas d’humour, une blague circule qui dit que plus de 50% des électeurs étaient des mâles en-dessous de 30 ans (donc pas mariés, note de moi), pas étonnant que la main ait gagné !!

 

Il y a plein d’autres symboles, vu que chaque candidat indépendant peut en avoir un : le sac à main, la télévision, le violon, la canne (pour marcher), la table, la noix de coco et la banane. Et les électeurs choisissent leur symbole. Ca permet aux illettrés de voter; j'avais également vu ça au Pérou. Le journaliste qui a écrit l’article se demande qui pourrait bien voter pour un type qui a pris pour symbole une banane… Des gens qui aiment les bananes ?? Des mâles de moins de 30 ans ??

 

Mais attention, il y a une Commission pour les symboles. Et si la Commission accepte la marmite, elle a refusé le condom. Le sexe protégé c’est bien mais que ça reste en-dehors de la campagne.

 

Un homme politique du Gujarat a eu à choisir entre une télé, une bougie et une noix de coco. Il a pris cette dernière, vu que ça porte bonheur.  A chaque rallye, il distribue entre 10 et 15 mille noix de coco aux mendiants. Mais attention, pas folle la mouche, il les fait briser avant. Autrement les mendiants les revendent. C’est pour ça qu’il faut pas leur acheter du lait non plus…

 

Le sifflet, choisi par un parti de Bandra East à Mumbai, connote la dénonciation de la corrpution.

 

Un autre homme politique s’est vu attribuer un manteau. Ca tombe bien, il est avocat.

 

Un autre parti a l’éléphant :

 

Mumbai_051107041.JPG

 

Source : Article_TOI_Poll symbols_171009.pdf

samedi, 24 octobre 2009

Elections pour l'assemblée régionales

Nous avons eu des élections dans le Maharashtra et deux autres Etats indiens le 13 octobre dernier. Craignant des éclats de violence, notamment après que des guérilleros maoistes naxalites ont tué 17 policiers dans un coin du Maharashtra frontalier avec Chhattisgarh le 8 octobre, le 13 octobre a été déclaré férié pour beaucoup d’organisations (dont mon entreprise).

 Si j’ai bien compris, nous avons eu en mai dernier les élections législatives que le Parti du Congrès a gagnées et qui ont lieu tous les 5 ans. Il s’agissait alors d’élire les membres du Lok Sabha, ou maison du peuple, qui est composé des représentants du peuple, élus par représentation directe. 59% des gens étaient allés voter.

 Et la semaine dernière, il s’agissait des élections à l’assemblée régionale dans 3 Etats indiens, dont le Maharashtra. Résultats le 22 octobre. 50% des habitants de Mumbai seraient allés voter, et 60% de Maharashtriens au total. Le Times of India explique la tendance à la faible participation des électeurs dans les villes, partout dans le monde : http://timesofindia.indiatimes.com/city/mumbai/Poll-apath...

 En Inde, pour empêcher que les personnes votent plusieurs fois, on leur marque le doigt avec une encre qui met des semaines à s’effacer : 

Elections-in-India-An-ele-001.jpg

 Je profite de ces émulations politiques pour diffuser une vidéo de mon quartier, Bandra, impunément tirée d’un DVD distribué par un parti politique pour récolter les votes à Bandra. Je ne connais personne d’autre qui l’ai reçu… Le contenu n’a rien d’extraordinaire, des témoignages qui racontent à quel point le type du coin est formidable. A noter : le DVD est en anglais et en hindi. 

 Sources : http://parliamentofindia.nic.in/ls/intro/introls.htm; http://www.lemonde.fr/international/infographie/2009/05/1...

jeudi, 22 octobre 2009

La légende de Rama et Sita – Partie 3

Une belle histoire à raconter aux enfants pour qu’ils s’endorment… Extraits de Promenade avec les dieux de l’Inde de Catherine Clément.

 

Les multiples fins de l’épopée

 

Le prince Rama retourne avec son frère et son épouse dans la ville d’Ayodhya, il reprend ses sandales sur le trône, et l’on pourrait se dire que tout est bien qui finit bien. Et bien justement, pas du tout.

 

Dans les versions populaires, oui, on nous montre le retour triomphal de Rama et Sita dans leur bonne ville sous des pluies de roses, comme c’est montré à la télé. On ne va pas casser le mythe du couple amoureux.

La vérité textuelle est différente. Dès leur retour dans la ville d’Ayodhya, la discorde éclate entre les époux. Pourquoi ? « Dans le Ramayana de Valmiki, Rama accueille son épouse reconquise par de cruelles paroles de répudiation. « Un doute plane sur ta conduite et ta présence devant moi m’offusque aussi fort qu’une lampe devant un œil malade. Désormais va-t-en où bon te semblera. Je te congédie, ô fille de Janaka. Je n’ai plus à faire avec toi. Une femme qui séjourna dans la maison d’un autre, quel homme d’honneur et de bonne famille se laisserait égarer par la passion au point de la reprendre ? Ravana t’a souillée en te pressant contre son sein et en jetant sur toi des regards lascifs. Comment te reprendrai-je, moi qui me réclame d’une race illustre ? »

 

Bouleversée, Sita proteste de son innocence, puis elle demande au jeune frère de son mari de lui dresser un bûcher, seul remède à ses maux. Baissant la tête sous l’opprobre, Sita fait alors trois fois le tour de Rama, le tenant à sa droite en signe de dévotion, avant de pénétrer dans le brasier en évoquant le dieu du feu Agni. Et elle parle : « Comme mon cœur jamais ne se détacha de Rama, qu’ainsi le spectateur de l’univers (le dieu du feu) m’accorde son entière protection. » Le spectateur de l’univers, c’est le dieu du feu. » »

 

Agni rend à Rama son épouse en en se portant garant de sa pureté. Puisque sa chasteté à triomphé de l’épreuve du feu* (elle n’a pas cramé vivante en traversant le brasier), Rama finit par l’accepter.

 

Chaque année, en Inde, se déroule la fête de Diwali. Partout on allume des diyas (des bougies) pour montrer le chemin du retour à Rama. Franchement il a pas une attitude franchement glorieuse le Rama vis-à-vis de sa femme. Alors pourquoi en faire tout un foin ? Nan, décidément j’aime pas Diwali.

 

*Ca rappelle l’ordalie d’Iseult dans Tristan et Iseult.

mercredi, 21 octobre 2009

La légende de Rama et Sita – Partie 2

Une belle histoire à raconter aux enfants pour qu’ils s’endorment… Extraits de Promenade avec les dieux de l’Inde de Catherine Clément.

  Intervention divine de Hanuman

 Sita a disparu ! Rama et son frère quittent leur ermitage et la cherchent dans la bonne direction, car un faucon, qui s’est vainement opposé au rapt au prix de sa vie, a réussi à les prévenir avant de mourir. En chemin, les frères rencontrent les singes divins, Hanuman et Sugriva, qui décident de les aider. Hanuman n’est pas véritablement un dieu, c’est un singe divin. Mais beaucoup d’Indiens l’adorent comme un dieu. Hanuman a la force et l’intelligence. Sa force est tellement prodigieuse qu’il saute des rives de l’actuel Tamil Nadu sur l’île du Lanka, l’actuel Sri Lanka – autrefois Ceylan – en un seul bond.

Dans l’île du Lanka, il trouve Sita prisonnière, se débrouille pour pouvoir lui parler en échappant à la surveillance du démon et lui annonce sa libération. C’est alors que se produit un évènement étrange. Hanuman pourrait libérer Sita tout de suite. Il suffirait qu’il la prenne dans sous son bras et que du même bond prodigieux il retourne en Inde où se trouve Rama, et que se passe-t-il ? Sita refuse.

                Sita, en bonne princesse, décide que ce n’est pas à un singe de la délivrer, mais que son mari héroïque doit venir la délivrer en personne. Au passage, Sita précise qu’il ne suffit pas que son mari la délivre, non ! Il faut la plus complète victoire sur le démon. Hanuman fait donc le service minimum, mais pour bien marquer l’esprit de l’ennemi, il incendie la ville de Ravana, la capitale du royaume du Lanka. Puis il repart d’un même bond rendre compte aux deux frères de sa mission. Il n’y a plus qu’une seule solution, la bataille.

 La mort du démon

                 Toute la difficulté, pour le prince Rama, c’est qu’il est d’une caste de guerriers, inférieure à celle de son assaillant. Car Ravana a beau être un sorcier, un démon, un cannibale, c’est un brahmane. Or le brahmanicide est strictement interdit. Il n’y a qu’une seule solution. Il faut que le brahmane consente à sa propre mort, sinon, toute personne qui le tuera se rendra coupable d’un crime puni de mort. Il faut cerner l’ennemi brahmane cannibale, et l’obliger à se suicider. Ravana est finalement incendié.

 Chaque année, dans le nord de l’Inde, se déroule la fête de Dusserah. Sur les places publiques on dresse d’immenses pantins de carton peint. Ils sont couronnés et armés, généralement noir, rouge et or. Ces pantins sont bourrés à craquer de feux d’artifice et, le moment venu, quand on y met le feu, les pantins explosent et libèrent ces feux d’artifice. Ce pantin, c’est Ravana. Il a dix têtes et vingt bras et lorsqu’il brûle, ses dix têtes bien rangées basculent toutes ensemble au début de l’explosion.

 

Toutes les notes